Auteur 
Delphine Gosset

Une bibliothèque de tumeurs

Médecins, chercheurs et étudiants en médecine peuvent faire appel à la tumorothèque régionale de Franche-Comté où de nombreux prélèvements biologiques sont conservés et catalogués avant d'être utilisés à des fins diagnostiques ou de recherche clinique. Reportage en images au sein de cette biobanque du centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Besançon.

Un homme portant des gants en train de réceptionner des boites contenant des prélèvements biologiques. Il a un stylo dans la main et il y a des feuilles sur le plan de travail devant lui.
Ludovic Godard - UFC

Les prélèvements qui ont été acheminés dans une boîte isotherme, sont réceptionnés au laboratoire d'anatomie et de cytologie pathologique, au niveau -2 de l'hôpital.

Divers prélèvements biologiques dans un sac et des bocaux, posés sur des papiers.
Ludovic Godard - UFC

Il peut s'agir aussi bien d'organes entiers que de biopsies, de tissus tumoraux ou de lésions précancéreuses qui arrivent ici pour être échantillonnés et conservés à la demande des médecins et des chercheurs. Une centaine de prélèvements sont ainsi enregistrés chaque mois dans la tumorothèque.

Un homme en train de noter des chsoes sur un papier, autour de lui les flacons contenant les prélèvements.
Ludovic Godard - UFC

La traçabilité étant essentielle, chaque échantillon est soigneusement identifié : nom de l'opérateur, date et heure du prélèvement, identité du patient…

Une femme en blouse et gants en train de mesurer un prélèvements. Un homme équipé de la même façon en arrière-plan.
Ludovic Godard - UFC

La Tumorothèque régionale de Franche-Comté (TRFC) a été créée en 2005 dans le cadre d'appels à projets de l'Institut national du cancer (INCa). Ses activités s'inscrivent dans celles du laboratoire d'anatomie et de cytologie pathologique de l'hôpital, qui analyse près de 2 000 prélèvements par mois à des fins diagnostiques. Seule une partie des échantillons est conservée dans la TRFC si des pathologistes, des médecins ou des chercheurs en ont fait la demande en suivant les recommandations de l'INCa. Si le patient a donné son consentement, ils pourront être utilisés pour la recherche.

Un homme et deux femmes en blouse, portant des masques, en train d'enfiler des gants en latex et de préparer du matériel stérile.
Ludovic Godard - UFC

La préparation en vue de la congélation s'effectue sur paillasse, dans des conditions stériles. Il s'agit d'éviter la contamination par l'ADN d'un autre individu.

Un homme en blouse, masque et gants examine un poumon qu'il tient dans ses mains.
Ludovic Godard - UFC

Première étape : l'examen macroscopique, autrement dit, à l'œil nu, pour repérer les zones intéressantes (tumorales notamment). Des échantillons sont sélectionnés et congelés. L'examen microscopique confirmera ensuite la nature tumorale de l'échantillon.

Franck Monnien, équipé d'une tenue de protection, retire une boite dans des vapeurs d'azote liquide.
Ludovic Godard - UFC

Plus de 15 000 échantillons de tumeurs ou de tissus sains (conservés à titre comparatif) sont ainsi stockés dans l'azote liquide (−196 °C). Les collections de la tumorothèque de Franche-Comté sont constituées selon les recommandations nationales. Elles sont également ciblées sur certains types de tumeur – cancers du sein, colorectaux, du canal anal, ORL, de la peau et du cerveau – pour répondre aux besoins de la recherche.

Trois énormes congélateurs.
Ludovic Godard - UFC

En plus des fragments de tissus biologiques, on conserve aussi, à −80 °C, de l'ADN préalablement extrait de ces prélèvements. Cela permet, si nécessaire, d'affiner le diagnostic et les traitements.

Deux mains revêtues de gants épais, l'une tient une pince pour attraper un petit tube à essai dans une boite.
Ludovic Godard - UFC

En effet, quand la tumeur ne réagit pas bien aux chimiothérapies classiques, on peut ressortir l'ADN correspondant et l'analyser précisément pour repérer des mutations qui pourraient expliquer l'échec thérapeutique. On peut ainsi proposer au patient un traitement ciblé.

Deux mains tiennent un objet où un échantillon biologique est conservé dans un bloc de parafine.
Ludovic Godard - UFC

Pour un même prélèvement, plusieurs conditionnements sont possibles : l'inclusion dans des blocs de parafine après un bain de formol et/ou, selon les besoins, la congélation.

Une série de lames histologiques.
Ludovic Godard - UFC

Ces blocs permettent de faire des coupes de 4 à 6 microns d'épaisseur, qui sont colorées et placées sur des lames pour une étude des tissus au microscope (histologie).

Franck Monnien montre trois écrans sur lesquels on voit des coupes histologiques.
Ludovic Godard - UFC

Ce scanner de lames, récemment acquis grâce à un financement de la Région Franche-Comté, permet de numériser les lames pour faire de l'analyse d'images. Celles-ci peuvent également être partagées sur Internet. Cet appareil est accessible aux chercheurs et étudiants de l'UFC par le biais de la plateforme d'imagerie Dimacell. La tumorothèque permet ainsi aux étudiants en thèse, qui mènent des études rétrospectives sur un certain nombre de cas, d'examiner d'anciennes coupes.

Des étagères à petits tiroirs, certains ouverts, dans lesquels on voit des lames histologiques.
Ludovic Godard - UFC

Ces collections sont utiles à la recherche au niveau local mais aussi au niveau national ou international. Les tumorothèques sont en effet organisées en réseau, et dans le cas de maladies rares, il est possible de rassembler des échantillons disparates et peu nombreux jusqu'à obtenir un effectif suffisant pour une étude clinique ou scientifique. Chaque demande est examinée par le conseil scientifique et stratégique de la tumorothèque.

Deux mains en gros plan qui montrent un numéro sur une lame. En dessous, des bacs remplis de lames.
Ludovic Godard - UFC

Les échantillons seront conservés 30 ans avant d’être détruits, à moins que le patient ne les réclame ou ne prononce un avis contraire.

Une pièce remplie de rayonnages et d'échantillons.
Ludovic Godard - UFC

La tumorothèque régionale de Franche-Comté conserve également des prélèvements réalisés et conditionnés dans d’autres établissements de la région. Son activité suppose une organisation précise, à la fois pour la réception, le stockage et la classification des collections mais aussi pour leur mise à disposition et le suivi des envois. Pour cela, elle a obtenu une certification qualité (NF S 96 900) en mars 2014.

Contact

Séverine Valmary-Degano
Responsable de la tumorothèque de Franche-Comté
severine.valmary@univ-fcomte.fr

Franck Monnien
Responsable qualité de la tumorothèque
03 81 66 89 66
fmonnien@chu-besancon.fr

Jean-Baptiste Aupet
Scanner de lames
jean-baptiste.aupet@univ-fcomte.fr

http://chu-besancon.fr/tumoro

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