Portrait de Fabrice Lallemand
Ludovic Godard - UFC
Auteur 
Delphine Gosset

Recherche à l’UFC : un label européen pour la gestion des ressources humaines

L’université de Franche-Comté est la deuxième université française à avoir obtenu le label « HR Excellence in Research » qui témoigne de la qualité des démarches mises en œuvre pour accueillir dans de bonnes conditions des chercheurs et autres personnels de recherche. Entretien à ce propos avec Fabrice Lallemand, vice-président chargé des ressources humaines à l’UFC jusqu’en avril 2016.

Pendant votre mandat, vous avez piloté les démarches entreprises à l’université de Franche-Comté pour l’obtention de ce label. Pouvez-vous vous expliquer de quoi il s’agit ?

«  HR Excellence in Research » est un label qualité relatif à la politique de ressources humaines menée dans le domaine de la recherche. Il s'inscrit parmi les outils mis en place par la Commission européenne pour accélérer la réalisation de l'espace européen de la recherche (EER). Il a pour priorité d'améliorer l'efficacité des systèmes nationaux de recherche en renforçant la coppération et la concurrence transnationales, d'ouvrir davantage le marché du travail pour les chercheurs, de renforcer l'égalité hommes-femmes, d'optimiser la circulation et le transfert de l'information scientifique. Il a été largement adopté dans de nombreux états européens1. En revanche, il peine à s'implanter en France comme en Allemagne. Dans notre pays, seules l’université de Montpellier, puis l’université de Franche-Comté, l'ont obtenu.

Sur quoi la Commission européenne se base-t-elle pour l’attribuer ?

Elle évalue la démarche HRS4R (Human resources strategy for researchers) mise en œuvre par l’établissement et sa conformité avec la Charte européenne du chercheur et le Code de conduite pour leur recrutement. Ces deux documents ont pour objectif de créer un environnement de travail favorable à la recherche à travers une certaine politique de gestion des ressources humaines.

Comment l'établissement a-t-il procédé ?

De nombreux services de l’université se sont mobilisés pour entrer dans un processus d’auto évaluation et de réflexion sur des pistes d’amélioration potentielles. Nous avons ainsi élaboré un plan comportant plus d’une quarantaine d’actions. Certaines sont déjà installées ou en cours de développement. Pour d'autres, nous nous sommes engagés à les mettre en place au cours des quatre prochaines années. Ce sont la pertinence et la faisabilité de ce plan d’action qui ont été évalués de manière positive par la Commission européenne.

Qu’y-a-t-il dans ce plan d’action ?

Il répertorie les bonnes pratiques en matière de ressources humaines dans quatre grands domaines : le recrutement, les conditions de travail, la formation et l'éthique. Il s’agit par exemple d'accompagner et de favoriser les parcours professionnels des personnels, de bien informer les chercheurs sur les questions de confidentialité, de propriété intellectuelle… Ce plan prévoit aussi de consolider les outils de pilotage des ressources humaines et de gestion, d’harmoniser les règles internes de fonctionnement des services, des composantes et des laboratoires et de gérer de manière cohérente les risques professionnels. Il est aussi question de lutte contre toutes les formes de discrimination au travail. Cette démarche vise à montrer que l’université se préoccupe d’accueillir les chercheurs dans de bonnes conditions.

 Concrètement, que l'université met-elle en place pour l'accueil des chercheurs ?

Il peut s’agir de questions extrêmement pragmatiques, comme de se préoccuper de l'affiliation à la sécurité sociale des personnels étrangers, ou de comment accueillir la famille d'un chercheur invité pour quelques mois. De manière plus globale, nous nous sommes interrogés sur les procédures mises en œuvre pour faire découvrir l'établissement aux nouveaux arrivants, pour faire en sorte qu'ils ne soient pas isolés dans leur laboratoire, pour leur garantir que leurs expériences à l'UFC seront reconnues, que leurs droits seront respectés, que des formations utiles à leurs carrières leur seront offertes. Nous nous engageons aussi à les accompagner dans le montage de programmes de recherche, ou, s'ils le souhaitent, dans une procédure de dépôt de brevet ou de création d’entreprise.

Comment se déroulent les recrutements à l’UFC ?

Il existe des commissions dédiées à chaque type de recrutement et ceux-ci sont validés par les conseils centraux. Tout est réglementé, sécurisé et transparent. Nous n’examinons pas seulement le profil scientifique du candidat : d’autres expériences, par exemple dans une entreprise privée, peuvent être prises en compte. Nous mettons tout en œuvre pour que les pratiques soient équitables et les méthodes d’évaluation objectives. Il faut d'ailleurs préciser que l’UFC est l’une des rares universités à avoir instauré dès 2015 une mise en situation professionnelle pour le recrutement de ses enseignants-chercheurs. Les maîtres de conférences, par exemple, passent systématiquement une épreuve de pédagogie.

Combien de temps cette labellisation est-elle valable ?

Nous allons devoir établir un premier rapport « à mi-parcours », d’ici deux ans, et nous serons inspectés sur site au moment du renouvellement de ce label dans quatre ans. C'est monsieur Éric Prédine, actuel vice-président en charge des ressources humaines, qui va avoir la responsabilité de mener à bien ce plan d'action.

Que va-t-elle apporter à l’université ?

C’est un élément d’attractivité pour les post doctorants, chercheurs, enseignants-chercheurs et autres personnels de recherche, notamment pour ceux qui viennent de l’étranger. Il témoigne de notre volonté de les accueillir et de leur permettre de travailler dans de bonnes conditions. Par ailleurs, le fait que l’établissement soit détenteur de ce label démontre que l'UFC s'inscrit dans l'espace européen de la recherche et donne à tous ses chercheurs un avantage pour candidater sur des appels à projets européens. Enfin, je tiens à préciser que dans cette démarche, notre objectif n'était pas seulement de se donner les moyens d'attirer des chercheurs renommés. L’université de Franche-Comté a au contraire saisi l’occasion pour travailler de manière globale sur sa politique de ressources humaines dans le cadre de sa stratégie d'établissement. Je tiens d'ailleurs à remercier vivement tous les personnels ayant participé à l'élaboration de ce plan pour leur dynamisme et leur professionnalisme.

  1. 232 établissements en Europe sont détenteurs de ce label

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