Auteur 
Delphine Gosset

L’expérience du voyage

La découverte d’un ailleurs, le décalage ressenti lorsque l’on plonge dans une culture étrangère, la perte de certains repères… C’est ce qu’ont vécu, puis exprimé chacun à leur manière, les jeunes artistes qui exposent jusqu'au 12 avril au Gymnase-espace culturel.

Diversions
Tous les printemps du monde

L’exposition « Tous les printemps du monde », proposée par l’institut supérieur des beaux-arts Besançon/Franche-Comté (ISBA), rassemble des œuvres diverses qui expriment toutes le dépaysement et le choc culturel ressentis lors d’une immersion dans un pays étranger. Elles ont été réalisées par des étudiants et jeunes diplômés de l’ISBA partis plusieurs mois dans le cadre de leur cursus ou en résidence, mais aussi, à l’inverse, par des étudiants ou artistes internationaux accueillis à Besançon. « Se mesurer à d’autres mondes et à d’autres références est essentiel au travail artistique », souligne Laurent Devèze, directeur de l'établissement et commissaire de l’exposition.

Leur vécu au Bangladesh, en Suède, au Japon, en Grèce, au Vietnam ou encore en Côte d’Ivoire s’exprime au travers de supports très divers : dessins, sculptures, installations, photographies… Maxime Péroz, par exemple, matérialise cette plongée dans un autre univers sous la forme d’une grosse boîte dans laquelle on peut pénétrer pour contempler sur les murs les croquis de ses carnets de voyage. D'autres ont choisi la vidéo, comme Moumen Bouchala, étudiant d'origine kabyle. Ses images montrent la fragilité de l’homme, les symboles culturels et religieux et une violence qu’il juge intrinsèque à la nature humaine.

Les visions se croisent : celle d’un étudiant français parti en Côte d’Ivoire, faisant notamment référence à la terre et à l'exploitation des ressources africaines (cacao), avec celles d’étudiants ivoiriens arrivés il y a quelques mois et qui évoquent une pensée magique. Maxime Duchanoy, de retour de Grèce, est parti de l’idée qu’il est difficile, pour un artiste, de se mesurer aux classiques antiques, tandis qu’une artiste grecque expatriée a voulu témoigner de sa nostalgie d’Athènes à travers des reconstitutions de senteurs.

L’installation aérienne très équilibrée de Noriyuki Muraki, à la fois explosion et archipel colorés censés figurer le monde microscopique où on retrouve une certaine esthétique nippone, se confronte à une vision presque cartographique dans laquelle Maureen Colomar a tenu à s’affranchir de tous les clichés sur le Japon. Parfois, les esprits se rencontrent : Camille Millian a fait la connaissance d'Apu Dhar au Bangladesh, et ils ont travaillé ensemble à une installation de photographies.

Certaines des œuvres ont déjà été présentées à l’étranger, d’autres ont été élaborées sur place comme celle d’Adrien Chevrier, qui évoque la construction de soi à travers une construction en bois qui s’élève et s’organise. Pour beaucoup de ces jeunes artistes, cette exposition est aussi l’occasion de se lancer et de s’exercer à la confrontation avec le public.

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