Vue de l'oeuvre sur le bâtiment de l'ESPE avec un arbre devant.
Ludovic Godard - UFC
Auteur 
Delphine Gosset

Métamorphoses murales

L’évènement Bien urbain s’est achevé début juillet, laissant sur les murs des campus quatre nouvelles œuvres d’art.

L’association Juste ici organise depuis maintenant quatre ans Bien urbain. Pendant un mois, elle invite des artistes et leur propose d’investir la ville pour y implanter leurs œuvres. Elle part du principe que l’art modifie notre perception du monde et y participe, non seulement dans les espaces culturels mais aussi dans les lieux publics. L’idée est d’interpeller le passant et de l’inciter à faire parler son imagination.

Grâce à cette heureuse initiative, des murs auparavant sans intérêt ont été transformés par des spécialistes du street art venus de l’étranger. Les lieux s’en trouvent complètement métamorphosés.

Le campus de la Bouloie fait partie des zones qui ont été ainsi revisitées chaque année depuis 2011. Il compte désormais 14 œuvres, dont trois réalisées pendant le mois de juin.

Deux artistes venus des Pays-Bas et connus sous le nom de Graphic Surgery, Erris Huigens et Gysbert Zijlstra, ont donné vie au pavillon de la vie étudiante du Crous en le recouvrant entièrement de formes géométriques abstraites noires et blanches. Sur un mur situé vers la chaufferie, Ever, ancien graffeur argentin désormais reconnu pour ses peintures murales, a peint un tableau intitulé Description de l’utopie anarchiste.

Franco Fasoli, dit « Jaz », est lui aussi argentin. Il a représenté de part et d’autre de l’UFR SJEPG1 la citadelle et le stade Bocca de Buenos Aires, pour introduire un parallèle entre deux forteresses, culturelle et sportive. Thématique récurrente dans son travail, la question de l’identité culturelle transparaît également dans l’œuvre monumentale qu’il a réalisée sur le site de l’ESPE2. Sur toute la hauteur d’un bâtiment, deux lutteurs sans visage dont les corps se fondent l’un dans l’autre s’affrontent, évoquant le poids de l’héritage européen dans l'identité de l’Argentine.

Bien urbain, ce ne sont pas seulement des peintures murales, ce sont aussi des installations, des rencontres, et des créations sonores3, qui incitent toutes à appréhender autrement l’environnement urbain.

Chaque année, Besançon s’enrichit de ces œuvres, certaines vouées à disparaître, d’autres non. Que l’on apprécie ou non leur esthétique, elles attirent indéniablement l’œil sur des lieux habituellement insignifiants et changent, effectivement, le regard sur la ville.

  1. UFR Sciences juridiques, politiques, économiques et de gestion.
  2. Ecole supérieure du professorat de l'éducation.
  3. Parmi celles-ci figure une promenade sonore signée par un journaliste de radio campus, Aurélien Bertini, à propos d'un évènement majeur de l’histoire locale : le conflit Lip.

Contact

L'oeuvre intitulée description de l'utopie anarchiste sur un mur de la chaufferie.
Vue du pavillon de la vie étudiante du CROUS
Le Pavillon de la vie étudiante après le passage des artistes.
Dessin de la citadelle sur un mur de l'UFR SJEPG
Dessin du Stade Bocca de Buenos aires, par Jaz
Portrait de Franco Fasoli
L'oeuvre de Jaz sur le mur de l'ESPE
Tags 
art

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