Quentin Monnot tient une fausse mâchoire et un instrument chirurgical.
Ludovic Godard - UFC
Auteur 
Delphine Gosset

Faciliter la pose d'implants dans la mâchoire

Quentin Monnot a développé dans le cadre de ses études à l'ISIFC un instrument pour aider les chirurgiens qui appareillent les personnes édentées. Il envisage de créer son entreprise.

Biotika est l'entreprise universitaire de l’ISIFC. Dans cette structure à vocation pédagogique, les étudiants apprennent leur futur métier d'ingénieur biomédical. Ils répondent à de vraies demandes de commanditaires et conçoivent des solutions ou de nouveaux produits. Quentin Monnot, étudiant en 3ème année, a cherché à résoudre un problème exprimé par le docteur Edouard Euvrard, chirurgien-dentiste au service de chirurgie maxillofaciale du centre régional hospitalier universitaire (CHRU) de Besançon.

Les personnes édentées souffrent de douleurs, de difficultés pour s'alimenter, d'un déficit esthétique et même parfois d'affaissement osseux au niveau de la mâchoire. Pour les soulager, on leur propose une prothèse dentaire stabilisée grâce à des implants mandibulaires. Sans ces plots fixés dans l'os de la mâchoire inférieure, la prothèse tient mal sur le plancher inférieur à cause des mouvements de la langue et de l'action de la salive. Leur mise en place pose cependant certains problèmes : ils doivent être positionnés de manière parfaitement parallèle, or, les chirurgiens travaillent actuellement à l'œil nu. D'où l'idée de leur proposer un outil qui fasse office de guide chirurgical.

« Ce n'est pas simple ! La bouche est un champ opératoire restreint dans lequel il faut pouvoir placer les écarteurs, la fraise pour percer l'os, l'aspirateur dentaire… Le chirurgien doit également y positionner son doigt de façon à contrôler le forage de l'os et ainsi éviter toute complication, observe Quentin Monnot. Plusieurs prototypes avaient déjà été développés par le docteur Euvrard mais ceux-ci n'étaient pas suffisamment ergonomiques et nécessitaient l'emploi des deux mains. Cet étudiant et deux de ses camarades, Marie Dutot et Julia Monnin, ont donc cherché à améliorer l'instrument. Ils l'ont reconfiguré de façon à ce que les boutons de réglage soient maniables d'une seule main et ont ajouté des systèmes de verrouillage pour éviter tout changement de position pendant le forage. Pour prévenir le risque de blessures sur et autour de la langue, ils ont conçu une gouttière à placer sur la mandibule du patient qui empêche l'orientation de la fraise dans certaines directions. « Cette gouttière pourrait même être réalisée sur mesure avec du prototypage 3D », ajoute-t-il.

À la suite d'une présentation du dispositif PÉPITE1 à l'ISIFC, Quentin Monnot a été motivé par l'idée de monter son entreprise. Il s'est porté candidat au statut d'étudiant entrepreneur pour bénéficier d'un accompagnement et de formations. Pour le moment, c'est Biotika, en tant que cellule de préincubation, qui lui permet de développer son projet à son rythme. Il lui reste encore beaucoup de travail à accomplir avant de pouvoir produire et commercialiser cet instrument. Des tests menés en collaboration avec un chirurgien au laboratoire d'anatomie de la faculté de médecine conduiront peut-être à de nouvelles améliorations et adaptations. Ensuite, il faudra élaborer un dossier technique pour l'obtention du marquage CE, faire une étude de marché complète pour la France, l'Europe et l'international et analyser la concurrence… À terme, dans sa future société, Quentin Monnot envisage de développer de la prestation de service autour de cet instrument, voire par la suite d'autres dispositifs biomédicaux.

  1. Les PÉPITE (pôles étudiants pour l’innovation, le transfert et l’entrepreneuriat) ont été créés pour développer l’entrepreneuriat chez les étudiants. Leur objectif est d’informer, de sensibiliser le plus grand nombre, mais aussi de former et d'accompagner ceux qui ont un projet.

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ISIFC - Institut supérieur d'ingénieurs de Franche-Comté

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