Une femme équipée de vêtements stériles, de gants et d'un masque tient une seringue.
Ludovic Godard - UFC
Auteur 
Catherine Tondu

Transplantation rénale et risques cardiovasculaires

La greffe de rein est pratiquée en réponse à une insuffisance rénale sévère. Il est avéré que chez les patients transplantés, le risque d’accident cardiovasculaire est largement supérieur à la moyenne, ce que n’expliquent pas à eux seuls les facteurs favorisant habituellement ce risque, comme le diabète ou le cholestérol.

Les chercheurs du laboratoire Interaction hôte-greffon / tumeur et ingénierie cellulaire et génique travaillent depuis plusieurs années à comprendre les mécanismes mis en cause. Ils sont à l’origine de la création de la cohorte Orly-Est, qui compte aujourd’hui près de mille patients transplantés rénaux, et dont le suivi devrait permettre de confirmer les hypothèses scientifiques qu’ils ont élaborées. « La transplantation peut être tenue pour responsable, en présence de certaines conditions cliniques, d’une activation des lymphocytes de l’organisme, et donc d’une réponse différente du système immunitaire des patients ; nous essayons de voir si un lien peut être établi entre cette activation lymphocytaire et la formation d’athérosclérose, en grande partie à l’origine des maladies cardiovasculaires », explique le Professeur Didier Ducloux, responsable du programme Orly-Est aux côtés du Professeur Philippe Saas, directeur du laboratoire.

La grande originalité de la cohorte est d’avoir d’emblée prévu la mise à disposition de données biologiques, issues des prélèvements de sang effectués sur les patients et traités par la plateforme de biomonitoring de l’EFS bisontin. Du sérum et des cellules sont ainsi conservés pour chacun des membres de la cohorte dès le jour de la transplantation, et servent à établir des comparaisons biologiques ultérieures. « C’est à long terme que surviennent d’éventuelles pathologies cardiovasculaires, ce qui signifie que plusieurs années de recul sont nécessaires pour aboutir à des résultats probants », explique Didier Ducloux.

L’étude Orly-Est devrait ainsi livrer ses conclusions à l’horizon 2020. En attendant, plusieurs publications scientifiques font état de résultats de recherches annexes et complémentaires à celle prioritairement visée. Comme la mise en évidence de l’impact de la transplantation rénale sur le fléchissement de l’efficacité de la barrière digestive, et donc sur la migration des bactéries de la flore intestinale, ou microbiote, vers le sang. Ou l’identification des paramètres qui génèrent une situation clinique favorable à l’activation lymphocytaire lors de la greffe, comme la présence d’une infection par cytomégalovirus ou une compatibilité tissulaire moindre. Ou encore la détermination d’un biomarqueur responsable d’un rejet aigu de la greffe, intervenant en général dans la première année suivant la transplantation.

Outre le CHRU de Besançon, le programme Orly-Est concerne les centres hospitaliers de Dijon, Strasbourg, Nancy, Reims, Clermont-Ferrand et du Kremlin-Bicêtre, dont le suivi des patients est envisagé sur cinq à dix ans selon leur date d’entrée dans la cohorte.

Article paru dans le numéro 262 de janvier 2016 du journal en Direct.

Contact

Didier Ducloux
03 81 61 56 15

Laboratoire Interactions hôte-greffon-tumeur et ingénierie cellulaire et génique

Tags