Sylvana Deugoue Ngueukam, promo 2020 du DUT GTE et future ingénieure en génie énergétique
IUT de Belfort-Montbéliard

Sylvana Deugoue Ngueukam, a young "Woman energy in transition"

Rencontre avec cette jeune étudiante camerounaise, lauréate du Prix Dalkia "Women energy in transition"  en novembre dernier et qui a obtenu son DUT Génie thermique et énergie (GTE) à l’IUT de Belfort-Montbéliard de l'université de Franche-Comté.

Après son Bac C (équivalent S en France), Sylvana Deugoue Ngueukam s’est inscrite à l’Université de Douala pour suivre des études en physique-chimie. C'est en septembre 2018 qu'elle arrive en France pour préparer son DUT GTE. Déjà très intéressée par le domaine de l’énergie et sensible en particulier aux problématiques de production et de distribution, elle a ensuite découvert à travers ce DUT le vaste univers du génie climatique.

Comment se sont passées tes deux années de DUT ?

« Le DUT GTE m’a permis d’aborder l’aspect technique, l’aspect pratique et l’aspect "bureau d’études" du génie climatique. J’ai aimé tous les cours, en particulier les mathématiques et la thermodynamique. Au département GTE, tous les enseignants nous connaissent. Ils nous soutiennent et nous accompagnent dès le début de notre cursus. Ils ont tous le même objectif, nous transmettre des connaissances, mais ils ont chacun leur façon de nous intéresser et de conserver notre attention. Ils savent nous donner le goût de les écouter. L’IUT a été pour moi une très très belle expérience. »

Où as-tu réalisé ton stage de fin d’études ?

« J’ai occupé le poste d’« assistante du spécialiste en génie climatique » au sein de l'entreprise CGED, membre du Groupe Sonepar, acteur mondial de la distribution de matériel électrique. C’est un distributeur multi-spécialiste tourné vers le matériel électrique mais qui se développe dans le domaine génie climatique. Ma mission consistait à traiter des affaires, résoudre des problématiques de climatisation-ventilation-pompes à chaleur selon les besoins des clients, qu’ils s’agissent d’habitats de particuliers ou collectifs ou encore de bureaux, de cabinets médicaux. En DUT, nous avons étudié notamment les coûts de ventilation, climatisation et chauffage, et le cycle frigorifique, des notions que j’ai pu appliquer pendant mon stage. »

Qu'est-ce que cette expérience professionnelle t'a apporté ?

« C’était ma première expérience professionnelle dans le domaine climatique et énergétique mais j’avais eu des jobs étudiants avant : j’ai travaillé dans un fast food, comme hôtesse d’accueil chez un concessionnaire automobile et comme appui administratif chez un fournisseur d’énergie pendant le confinement. Toutes ces expériences m’ont appris à développer un savoir-être et une gestion du stress. Au-delà des compétences techniques, le stage en entreprise m’a d’ailleurs beaucoup apporté au niveau des relations interpersonnelles : par exemple savoir être patiente, prendre du recul. C’est très important dans le domaine professionnel. »

En novembre 2019, tu as fait partie des 16 lauréates du Prix Dalkia "Women energy in transition"1. De quoi s’agit-il ?

« C’est un concours visant à valoriser le parcours de femmes qui étudient ou travaillent dans le domaine de la transition énergétique. Ce qui a attiré mon attention c’est que ce concours est réservé aux femmes et dans ma promo de DUT, nous n’étions que cinq filles ! Beaucoup de gens et même beaucoup de filles pensent que ma formation est réservée aux garçons. Ça m’a encore plus motivée à participer. Pour candidater, il s’agissait de remplir un questionnaire de culture générale, sur mon parcours avant la formation actuelle, pourquoi le choix de cette formation, pourquoi le choix du domaine des énergies et le domaine technique, sur mes motivations.  »

Quelles ont été tes motivations pour y participer ? Quelles conséquences ce Prix a-t-il eu sur ta vie ?

« Au début, je postulais surtout pour trouver une alternance pour mes études post-DUT, mais aussi par curiosité intellectuelle et pour relever un challenge : je venais d’arriver en France, je ne connaissais pas beaucoup de monde en dehors de mes camarades de promo, le concours serait donc un moyen de m’intégrer un peu plus : si je réussissais, j’irais à la cérémonie de remise des prix et ce serait l’occasion de rencontrer du monde et d’élargir mon réseau. Il fallait que j’ose ! J’ai reçu le 3ème prix dans la catégorie "étudiantes/niveau inférieur ou égal à bac+1". Et La cérémonie a été très enrichissante : j’ai parlé avec des femmes dont les parcours sont très intéressants et inspirants. J’ai aussi rencontré des membres de l’association "Femmes 3000". Ça m’a permis d’agrandir mon réseau professionnel et il s’est passé tellement de choses après ! C’est même par ce biais-là que j’ai été contactée pour mon stage. Ce concours est une très belle opportunité ! Remporter un prix, c’est bien, mais tout le contexte est une grande richesse. Aujourd’hui, il y a beaucoup de choses que j’ose faire et que je n’aurais pas osé faire avant. »

Quels conseils donnerais-tu à de jeunes femmes qui hésitent à étudier dans les domaines techniques ou scientifiques ?

« Je leur dirais que le DUT Génie thermique et énergie est passionnant et très riche car il permet de travailler ensuite dans de nombreux domaines comme le génie climatique, mais aussi dans le domaine de la chimie des procédés, le domaine pharmaceutique et cosmétique ! Il faut oser, ne pas prêter attention aux préjugés de ceux qui disent que ce sont des métiers réservés aux hommes ou qu’il n’y a pas de débouchés. Ce sont souvent des personnes qui ne connaissent pas la formation. Je me suis rapprochée d’anciens étudiants pour en savoir plus et ils m’ont dit qu’il y avait énormément de choses à faire dans ce domaine : avec le DUT GTE, ce n’est pas seulement la thermique, ce n’est pas seulement la climatisation, le chauffage, la ventilation. On peut aussi se spécialiser dans l’hydraulique ou le solaire. Je leur dirais aussi qu’il faut être curieuse et combattive, qu’il faut oser et se dire que c’est possible, car c’est comme ça que les choses deviennent possibles. »

  

Sylvana souhaite devenir ingénieure d’études ou ingénieure de conception et d’exploitation. Depuis la rentrée de septembre, elle a d'ailleurs intégré une école d’ingénieur en alternance pour poursuivre ses études en génie énergétique.

 

1 En savoir plus sur le Prix Dalkia « Women energy in transition » : https://www.dalkia.fr/fr/women-energy-in-transition-2020

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