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Gilles Charbonnier, l’énergie de l’international !
IUT de Belfort-Montbéliard

Gilles Charbonnier, l’énergie de l’international !

Danemark, Slovénie, Malte ... Cette année, treize étudiants du DUT Génie thermique et énergie de l'Université de Franche-Comté effectuent un stage à l'étranger. Gilles Charbonnier, issu de la promo 1991 du même DUT avait, lui, opté pour le Royaume-Uni, une destination qu'il n'a jamais quittée : il y poursuit toujours sa carrière et est aujourd'hui associé chez Mott MacDonald UK. Rencontre avec cet ancien étudiant de l'IUT de Belfort-Montbéliard. 

Qu’appréciez-vous en particulier dans la thermique ? Pourquoi avoir choisi d'intégrer le DUT Génie thermique et énergie (GTE) ?

« Après mon bac D, je voulais m’orienter vers la biologie mais j’ai décroché un stage en entreprise qui m’a permis de découvrir la thermique. Cela m’a beaucoup intéressé. J’ai donc préparé un DUT GTE. Cette formation comprenait 20 heures de cours théoriques et 25 de cours pratiques. Quand j’ai continué mes études en faculté, je n'y ai malheureusement pas retrouvé ce côté pratique.
Pendant le stage d’été avant le DUT, j’installais de l’air conditionné, des radiateurs, de la chaufferie, etc. Ce qui me plaisait, c’était le contact que j'avais avec les gens, le fait de leur apporter quelque chose, de changer quelque chose. Et c’est ce principe que j’ai suivi tout au long de ma carrière. Quand j’étais en charge du bureau d’études, on cherchait toujours à améliorer les conditions de vie des personnes et de l’environnement.
 »

Pourquoi avez-vous décidé de poursuivre vos études après le DUT ?

« Je ne voulais pas m'en arrêter là et j'ai eu la chance d'avoir des parents qui ont pu me soutenir dans des études longues. À la fin du DUT, j'avais le choix entre partir dans un parcours technico-commercial ou continuer dans la formation technique. J'ai préféré la technique et je suis parti à la Napier University à Édimbourg où j’avais effectué mon stage de 2ème année de DUT. J'ai passé un BEeng (bachelor engineering). Ce diplôme universitaire m'a permis de devenir l'ingénieur que je suis aujourd'hui. »

Pourquoi aviez-vous choisi de partir au Royaume-Uni?

« A la fin de mes études, je suis revenu en France pour faire mon service militaire, à Besançon. Fin 1994, j'ai commencé à chercher du travail. Mais à cette période il y a eu une crise du bâtiment. Ne trouvant pas d'emploi et mon dernier diplôme étant britannique, je suis retourné au Royaume-Uni. En 15 jours, j'y ai trouvé un emploi. J'y suis resté 25 ans mais je n'y ai travaillé que très peu ! En début de carrière, j'ai travaillé sur des projets très locaux. Puis, plus j'ai progressé, plus mes projets m'emmenaient loin, ce qui m'a permis de voir un grand nombre de pays : l’Inde, la Chine, le Mexique, la Pologne et la plupart des pays européens. L'Écosse m'a finalement servi de base. J'ai eu la chance de voyager dans tous ces pays et de les voir autrement car c'est forcément différent quand on y va pour le travail : on ne visite pas beaucoup mais on rencontre des gens et on découvre leur façon de travailler, cela ouvre l'esprit. »

Quand vous êtes-vous intéressé à la transition énergétique et plus largement au développement durable  ?

« Dans les années 90, et même pendant la décennie précédente, on ne parlait pas encore de transition énergétique, mais la problématique se posait déjà. Quand j’ai commencé, je faisais la spécification du matériel de l’équipement et je regardais non seulement le coût à l’achat mais aussi le coût à l’entretien et la dépense en énergie. Cela faisait partie de mon métier. Au Royaume-Uni, on parlait du "all life costing", c’est-à-dire les coûts sur toute la durée de vie d’une installation. Le coût de la construction d’un bâtiment correspond à environ 5-6% par rapport à la durée de vie totale, à la dépense énergétique, à la maintenance.
Je ne peux pas envisager la réhabilitation d'un bâtiment sans regarder la façon dont il a été construit. J’ai d’ailleurs obtenu une qualification qui permet d’évaluer les performances thermiques des bâtiments et j’ai étudié les méthodes de construction des années à nos jours pour pouvoir le faire. A travers l’évolution des matériaux de construction et d’isolation, on voit que les années 70 ont été un tournant, puisqu’avant il n’y avait quasiment pas d’isolation. Fin des années 70, on commence à voir des lames d’air dans la construction qui servent d’isolants. Plus on avance dans l’histoire, plus on va vers les maisons passives qui minimisent les besoins énergétiques du bâtiment. »

Comment cela a-t-il influencé votre carrière?

« Les questions environnementales n'ont pas forcément influencé mon parcours mais plutôt ma méthodologie de travail. Si l'on compare la construction à un corps, l'architecte est l'aspect extérieur, la peau ; l'ingénieur des structures est l'ossature ; et celui qui s'occupe des services, c'est tout le reste, c'est-à-dire les nerfs, les organes, les muscles, ce qui fait vivre le bâtiment.
Tout au long de la période où j’ai travaillé dans des bureaux d'études thermiques, la méthode a beaucoup changé, en grande partie en raison d'influences extérieures, notamment législatives au niveau européen. Dans les années 2000, on a commencé à parler de normes techniques qui devenaient très contraignantes. Il a alors fallu réfléchir à concevoir les bâtiments d'une manière totalement différente, c'est-à-dire non plus lot par lot mais en considérant le bâtiment dans sa globalité. Il y a une prise de conscience de l’énergie utilisée, émise. Les bilans « carbone » qui sont effectués aujourd’hui couvrent aussi bien les périodes de fabrication que les périodes de construction, de maintenance et de démolition. Tous les professionnels impliqués, de l’architecte à l’ingénieur en passant par le thermicien, doivent désormais travailler en partenariat.
 »

Pouvez-vous donner un exemple de projet sur lequel vous avez travaillé dans ce sens ?

« L'un des derniers grands bâtiments sur lequel j'ai travaillé avant de passer dans le domaine énergétique, était la colocation de trois centres administratifs au Royaume-Uni : la cour de cassation, la police et prison, et des bâtiments administratifs de la région. On a regroupé tous ces services qui avaient des besoins énergétiques différents. La signature énergétique du bâtiment a décidé de sa silhouette. On a construit par exemple un atrium au milieu avec trois cheminées qui définissent la ventilation de tout le bâtiment. Grâce à cela, la facture énergétique a été réduite de plus de 30%. »

Quel contact avez-vous gardé avec l'IUT?

« Je suis l'actualité de l'IUT sur les réseaux sociaux, notamment Facebook et Linkedin. J'ai vu par exemple que les étudiants en DUT Génie thermique et énergie faisaient toujours des stages internationaux, entre autres à Édimbourg, à la Napier University. C'est ce qui m'a fait reprendre plus précisément contact avec le département GTE. Karine Nadler1 m'a alors invité il y a quelques mois à participer au forum Pluri'Energies. C'était une occasion de revenir.
Quand j'étais étudiant à l'IUT, j'ai beaucoup apprécié que des anciens viennent nous parler de leurs parcours. Cela donne des idées : quand on est dans ses études, on ne sait pas toujours tout ce que l'on peut faire ou ce que l'on veut faire ; et parfois, on sait ce que l'on veut faire mais pas comment le faire. Ce genre de rencontres permet de voir comment les étudiants des promos précédentes ont évolué et de se dire que c'est vraiment ce que l'on veut faire, qu'ils ont réussi et donc qu'on peut aussi y arriver.
 »

En quoi votre parcours aurait-il été différent si vous n'aviez pas préparé le DUT GTE?

« Il y avait et il y a toujours de très bons contacts entre l'enseignante d'anglais d'ici, à l'époque, Marie-Thérèse Bruez, et l'enseignante de français de Napier. Quand je suis rentré de mon stage à Édimbourg, j'ai remercié Marie-Thérèse car pour une très grande partie c'est grâce à ce stage que j'ai pu vivre tout ce que j'ai vécu au Royaume-Uni et que je suis là où j'en suis aujourd'hui. C'est ce stage qui m'a permis de découvrir l'Écosse, d'en tomber amoureux, d'avoir envie d'y rester. C'est aussi pour cela que j'avais accepté de donner cette conférence aux étudiants de GTE : c'est ma manière de redonner quelque chose à l'IUT par rapport à ce que l'IUT m'avait donné. »

1 Karine Nadler, enseignante en anglais, est directrice des études du département Génie thermique et énergie.

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