Un étudiant dans son logement en résidence universitaire
Ludovic Godard - UFC
Auteur 
Nourhane Bouznif

Qu'est-ce qui inquiète les étudiants bisontins ?

Quels sont les problèmes rencontrés par les étudiants ? Sont-ils anxieux ? Pour le savoir, le Crous, la Ville de Besançon et la Maison des sciences de l’homme et de l’environnement ont mené l’enquête.

Choisir une formation, trouver un logement, décrocher un job ou un stage…  Tous les étudiants sont confrontés à ces étapes… et le vivent plus ou moins bien. Pour mieux cerner les difficultés qu’ils rencontrent et mettre en évidence ce qui génère chez eux de l’anxiété, le Crous a lancé une grande enquête qui a été intégralement financée par la Ville de Besançon. Conduite par la Maison des sciences de l’homme et de l’environnement (MSHE Claude-Nicolas Ledoux), cette étude se concentre sur les étudiants s’inscrivant pour la première fois dans un établissement d’enseignement supérieur à Besançon (première année de licence, DUT ou BTS, master, doctorat). Les questions posées concernaient l’ensemble des démarches auxquelles sont confrontés les jeunes adultes qui suivent des études supérieures : orientation, insertion professionnelle, vie quotidienne, finances… Huit cents étudiants issus de tous les établissements de Besançon ont répondu au questionnaire au terme de leur premier semestre d’études, et une partie ont été reçus en entretien.

Cinq profils se dégagent

Les analyses ont permis de comprendre quelles sont les étapes vécues comme faciles ou anxiogènes par les étudiants et de faire émerger cinq profils types.

Un quart des étudiants interrogés entrent dans la catégorie des « détachés ». Ils sont en premier cycle (classes prépa, concours santé, BTS), sont concentrés sur leur réussite en fin d’année et se sentent « non-concernés » par un certain nombre de questions. Les « sereins » représentent 23 % des sondés : ces étudiants sont inscrits dans des formations exigeantes qui présentent de bonnes perspectives d’emploi. À l’inverse, 22 % des étudiants font partie des « inquiets ». Ils sont inscrits dans une filière littéraire ou juridique. Leur orientation découle de leur situation financière et ils n’ont pas encore d’objectifs professionnels précis. Certains envisagent de se réorienter et de changer de ville après avoir rencontré des difficultés d’adaptation. Chez eux, les étapes qui génèrent de l’anxiété concernent surtout l’orientation, la vie professionnelle, le logement et les séjours à l’étranger. Les « soucieux » concentrent 9 % du panel : ce sont des étudiants qui évaluent la plupart des étapes comme moyennement anxiogènes mais qui montrent en réalité de nombreux signes d’inquiétude. Les étudiants « anxieux » sont quant à eux 4 % : l’avenir professionnel et les étapes liées à la vie quotidienne et à la citoyenneté sont source d'angoisse.

L’étude met également en évidence la forte précarité économique, sociale et environnementale à laquelle les étudiants d’aujourd’hui sont confrontés. Ces résultats vont permettre aux acteurs de l’enseignement supérieur et des services destinés aux étudiants de réfléchir à des moyens de renforcer l'accompagnement des jeunes et de voir quels points précis peuvent être améliorés. Cette enquête s’inscrit dans un ensemble d’actions mises en place par le Crous en faveur de la vie étudiante. Elle a été dirigée par Jean-Jacques Girardot, enseignant-chercheur en économie à la MSHE. Le 10 mai, il était l'invité de l’émission UniversCité de Radio Campus.

Cécile Pollart
Radio Campus

Contact

Jean-Jacques Girardot
MHSE/Acokima
contact@acokima

Maison des sciences de l'homme et de l'environnement (MSHE) Claude Nicolas Ledoux

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