Trois étudiants dans la forêt s'activent et prennent des mesures.
Ludovic Godard - UFC
Auteur 
Delphine Gosset

Pédagogie active

À Montbéliard, les enseignants de la filière environnement développent des méthodes d’apprentissage basées sur des mises en situation professionnelle. Cette manière d’appréhender la formation va se développer dans les années à venir.

À l’UFR STGI, en master Gestion durable de l’environnement pour les territoires et l’entreprise, les travaux pratiques ne se déroulent pas toujours en salle. Le 18 avril, par exemple, ils se tenaient au bord de l’autoroute, dans une chênaie appartenant à Pays de Montbéliard Agglomération. Les étudiants endossaient ce jour-là le rôle d’un bureau d’études auquel une collectivité avait commandé un diagnostic de la pollution atmosphérique pour savoir s’il était possible d’y installer une aire de jeu.

Un peu déconcertant au départ, ce type d’exercice a l’avantage d’obliger les participants à s’impliquer et à pousser véritablement leur réflexion. Ceux-ci ont dû décider ensemble de la procédure à suivre et faire les choix techniques et méthodologiques adéquats : quels échantillons prélever et quelles analyses réaliser pour jauger le niveau de pollution aux hydrocarbures ? Ils avaient prévu d’utiliser des champignons : malheureusement, il n’y en avait pas ce jour-là… Ils ont donc opté pour des ronces et des mousses. Rien de tel que l’expérience du terrain pour se confronter à la réalité.

Des étudiants capables d’avoir une vision d’ensemble

« À quelle hauteur et à quelle distance de l’autoroute allez-vous prendre vos échantillons ? Quelles espèces de plantes allez-vous prélever ? » Autant de questions que Geneviève Chiapusio, l’enseignante-chercheuse qui les encadrait, n’a pas manqué de leur poser pour les amener à réfléchir sur leur démarche. Dans ce genre de situation, la solution n’est pas figée et les étudiants auraient pu obtenir des résultats différents s’ils avaient fait d’autres choix. « J’essaye de faire en sorte qu’ils aient vraiment compris ce qu’ils font et qu’ils aient le recul nécessaire pour interpréter correctement leurs données, explique-t-elle. Ainsi, dans leur vie professionnelle, ils auront un certain regard critique et sauront relativiser les informations dont ils disposent. »

Si des enseignants-chercheurs motivés ont ainsi pu mettre en place, depuis plusieurs années, ce type de pédagogie dite « active » dans la filière environnement montbéliardaise, c’est aussi parce que les effectifs restreints le permettent. Les étudiants ont ainsi pu partir une semaine début juin dans le parc naturel régional du ballon des Vosges. Leur objectif : trouver un moyen de concilier un développement touristique du massif et la préservation des milieux et des espèces rares. Ce travail les a amenés au contact de nombreux interlocuteurs : représentants des collectivités, salariés, gestionnaires, élus et visiteurs du parc. Il a fallu appréhender l’ensemble du problème et comprendre les impératifs de chacun pour trouver une solution pragmatique et réaliste. « Nous cherchons à former des étudiants capables d’avoir une vision d’ensemble sur une situation », explique Geneviève Chiapusio. « La question environnementale dépasse largement le domaine scientifique et technique et soulève aussi des problèmes économiques, sociaux, législatifs ou politiques », renchérit Philippe Binet, également enseignant-chercheur.

Un nouveau cursus de master en ingénierie

D’où la présence dans le cursus, aux côtés de l’écologie, de nombreuses autres matières : de la chimie environnementale, pour connaître les polluants et leurs risques, du droit et de l’économie de l’environnement, des normes, de l’histoire industrielle… La formation comprend aussi une part consacrée à la géographie et à l’aménagement du territoire. Celle-ci va prendre de l’ampleur dans le cadre du cursus de master en ingénierie (CMI)1Environnement et territoire qui a été lancé en janvier dernier sur la base de la licence et du master préexistants.

La pédagogie active est tout à fait dans l’esprit de ces nouveaux cursus où on met l’accent sur l’apprentissage par projet et les mises en situation. Une recette efficace pour amener les étudiants à développer leur autonomie, à prendre des initiatives et à combiner des connaissances diversifiées pour résoudre les problèmes.

  1. Les cursus de master en ingénierie sont des formations en cinq ans, réservées à un effectif restreint d’étudiants. L’objectif de ce nouveau CMI est de former des ingénieurs experts, spécialistes de la procédure environnementale et formés en contact étroit avec les laboratoires de recherche.

Contact

Patrice Tissandier
Responsable du master Gestion durable de l'environnement pour les territoires et l'entreprise
03 81 99 47 09
patrice.tissandier@univ-fcomte.fr

Un groupe d'étudiants dans la forêt autour de l'enseignante qui leur explique quelque chose, accroupie.
Un groupe d'étudiants accroupis prélèvent de la terre avec une petite pelle.
Gros plan sur les mains d'un jeune homme qui prend de la mousse sur l'écorce d'un arbre.
Un jeune homme et une jeune fille tiennent un mètre entre deux arbres.
Gros plan sur les mains d'une jeune fille en train d'étiqueter un sac contenant des prélèvements.
Un jeune homme entaille l'écorce d'un arbre avec un couteau suisse. Une jeune fille tient sa main en coupe en dessous pour recueillir les morceaux.
Geneviève Chiapusio explique quelque chose à un groupe d'étudiants en tenant un bocal rempli de terre.
Dans la nature : une jeune fille marque un bocal avec un stylo. Trois autres sont debout à côté avec des carnets de notes.
Des installations techniques dans une salle.
Philippe Binet explique le fonctionnement d'un des appareils.
Une jeune femme en blouse regarde dans un microscope. On voit sur un écran les champignons qu'elle observe.

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