Gregorio Crini et son équipe au centre de recherches PROTMED à Bucarest
Grégorio Crini
Auteur 
Léa Courvoisier

Une semaine d’échanges entre l’université de Bucarest et Grégorio Crini.

Avec plus de 14 000 citations dans la littérature et des facteurs d’impact élevés de publication dans la presse américaine, comme par exemple dans le Chemical Reviews (FI > 60) ou Progress in Polymer Science (FI > 29), Grégorio Crini est chercheur spécialisé en chimie environnementale de renommée internationale !

Il a été l’invité, durant une semaine, du centre de recherches PROTMED, dirigé par Corina Bradu, chercheuse internationalement reconnue elle aussi pour ses travaux en chimie environnementale.

Au programme de la semaine : visites de laboratoires, rencontres avec des étudiant(e)s, rédaction d'un projet européen et d'un appel franco-roumain Brancusi, réalisations d'expériences d'oxydation chimique (spécialité roumaine) et francophonie. Grégorio Crini en a profité pour préparer un séjour de 6 mois qu’effectuera une de ses doctorantes à Bucarest en 2022. L’objectif était aussi de développer cette collaboration établie avec PROTMED, de se nourrir de cet échange de savoirs, et d’initier de nouvelles collaborations avec les collègues polyméristes, biologistes et écologues de la faculté de biologie et d’écologie systémique de Bucarest.

 

Démontrer l'intérêt de produits naturels pour le traitement de l'eau.
Le scientifique y a tenu une conférence sur son sujet de prédilection, « le traitement des eaux par des procédés verts, simples, efficaces et viables pour un usage dans les stations d'épuration industrielles ». Le chanvre est un matériau à la mode, apprécié et utilisé dans de multiples secteurs d’activités comme ceux de l’alimentation, du textile, de la construction, de l’isolation, des cosmétiques, de la médecine, etc. Il existe plus de 25 000 produits à base de chanvre mais aucune de ces applications ne concernent (encore) le traitement de l’eau ! Par ce projet prometteur, Grégorio Crini et son équipe projettent d’éliminer les métaux et les pesticides des eaux usées industrielles avant leur acheminement en station d’épuration.

 

Une collaboration vertueuse
« La Franche-Comté est l’une des régions en France les plus productrices de ces matériaux (le chanvre, le lin et le bois) ! » Actuellement, l’équipe bisontine travaille localement avec la coopérative agricole Eurochanvre, située à Arc-lès-Gray, en Haute-Saône. Au bout de 25 ans de recherches, l’occasion se présente de travailler dans toute la Région et d’appliquer leurs travaux en collaborant avec la blanchisserie industrielle UNAP de Pontarlier. En plus d’être attentive à son impact environnemental, l’entreprise, troisième employeur franc-comtois, œuvre à l’insertion sociale et professionnelle de personnes en situation de handicap.

« Les ressources en eau tendent à se raréfier et à être soumises à des pressions anthropiques de plus en plus importantes ». Celle-ci est fragile mais indispensable non seulement au secteur industriel, mais également agricole et viticole. Il faut donc (continuer) à la protéger, comme c’est le cas pour la blanchisserie. Bien avant cette épisode de sécheresse, en mars 2017, l’Unap a mis en service un système de filtration des eaux de lavage, qui a permis de réduire la consommation d'eau de 40 %. Ainsi, par jour, ce sont plus de 24 000 litres d'eau qui sont préservés ! Rappelons que l’Unap répond aux exigences de la norme de certification environnementale ISO 14 001. (Source unap.fr)

 

Et pour les projets à venir…
L’entreprise de Pontarlier est dorénavant prête à accueillir un stagiaire du laboratoire Chrono-environnement afin de développer une nouvelle thématique de recherche.

Un projet est en cours de réflexion autour de l’organisation d'un colloque franco-italo-roumain pour les jeunes chercheurs sur la chimie environnementale qui serait organisé tous les deux ans.

Et le projet FINEAU (Fibres végétales pour le traitement des eaux) est en cours également, sur l’utilisation de matériaux lignocellulosiques (chanvre, lin, bois) dans le traitement de l'eau. « L’objectif est de développer des systèmes innovants à base de fibres pour éliminer les métaux et les pesticides » explique le chercheur. Initié par des fonds FEDER et actuellement financé par la Région Bourgogne Franche-Comté, le projet implique un réseau d'universitaires bisontins, français, européens (Roumanie, Italie, Portugal, Serbie), internationaux (Canada, Mexique) et des industriels franc-comtois.

De belles avancées en matière de formation d’étudiant(e)s, de recherche européenne, d’écologie, et surtout pour la préservation de l’eau !