Portrait de Dimitri de Vallière
Ludovic Godard - UFC
Auteur 
Delphine Gosset

Un enseignant-né

Bien que son parcours lui ait ouvert les portes de carrières plus prestigieuses, Dimitri de Vallière a toujours voulu enseigner.

Peut-être parce qu’il est né d’une mère institutrice, peut-être parce qu’il aimait déjà échanger des explications avec ses camarades de classe, toujours est-il que Dimitri de Vallière n’a jamais envisagé d’autres possibilités que celle de devenir enseignant. Un choix qui primait sur celui de la matière elle-même : « J’étais bon en maths, mais j’aurais aussi pris plaisir à enseigner autre chose » explique-t-il.

Après le baccalauréat, au vu de ses excellents résultats, tout le monde l’encourage à entrer en classe préparatoire. Il y passe les deux années suivantes. Une expérience difficile car, à l'époque, les méthodes pédagogiques y sont parfois cassantes. « A la fin  je n’en pouvais plus. J’étais persuadé qu’il fallait que j’abandonne les maths » raconte-t-il. La suite lui prouve qu’il n’en est rien.

Ses professeurs le poussent à entrer dans une grande école d’ingénieur. Il s’obstine, au point de ne pas se présenter aux oraux des concours d’admission : il fera de l’enseignement, rien d’autre.

L’entrée en fac est à la fois un soulagement et une bonne surprise. Les universitaires, contrairement à ce qu’il a entendu dire, ne sont pas obnubilés par la recherche au point de négliger la pédagogie, bien au contraire. Doté de méthodes de travail efficaces et littéralement vacciné contre le stress des examens, Dimitri de Vallière enchaîne avec un parcours sans faute : licence, master, jusqu’à l’agrégation.

On lui offre l’opportunité de faire une thèse. Il saisit l’occasion, pour poursuivre ses études jusqu’au bout. Il devient un spécialiste des mathématiques financières. Pourtant, il ne cherche pas à travailler dans le secteur bancaire par la suite : « ce sont les probabilités et l’analyse qui m’intéressaient, pas la finance » précise-t-il.

Au cours de ses quatre années de thèse, il donne des cours à l’Université pour les étudiants des filières biologie. Après le doctorat, toujours certain de sa vocation enseignante et fatigué par la course à la publication scientifique, il préfère candidater sur des postes de classes préparatoires en lycée plutôt que dans une université.

Le hasard des affectations l’envoie précisément dans le lycée où il a lui-même étudié à Besançon. Il se retrouve ainsi à côtoyer certains de ses anciens professeurs. « C’était très déconcertant de discuter en tant que collègue avec ceux que je considérais comme d’excellents profs » avoue-t-il.

Quinze ans plus tard, les méthodes archaïques ont été reléguées au placard et on porte un regard plus positif sur les élèves. Dimitri de Vallière met un point d’honneur à prendre le contrepied de l’attitude dont il a lui-même souffert par le passé. Son objectif premier : donner confiance à ses étudiants.

« J’aimerais aussi travailler avec un public davantage en difficulté. C’est  là où mon métier prend tout son sens. Arriver à faire naître un intérêt pour une matière, c’est un vrai défi. Ce ne sont pas les meilleurs élèves qui ont besoin d'aide! » conclut-il, tout sourire.

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