Plan large sur une salle où travaillent des groupes d'étudiants.
Ludovic Godard - UFC
Auteur 
Delphine Gosset

Un jeu logistique qui s'exporte

Les étudiants du département Logistique et transport participent régulièrement à un jeu de simulation d'exploitation de transports routiers qui les prépare à leur futur métier. Ce jeu se diffuse depuis quelques années dans d'autres IUT de France et fait également l'objet d'un échange avec une université belge.

C’est désormais un classique au département Logistique et transport de l’IUT de Besançon Vesoul : le jeu de simulation organisé tous les ans depuis 2002 s’est déroulé cette année les 2 et 3 février sur le site de Vesoul, avec les étudiants de première année de DUT.

L'exercice se pratique en équipe, parce que dans le secteur de la logistique, on ne travaille jamais seul. Chaque groupe dispose de cinq ensembles de véhicules, de sept conducteurs, et d’un certain nombre de lots de marchandises à transporter. L'objectif est de trouver la meilleure solution d’exploitation possible en planifiant deux semaines consécutives de transport. Il faut bien penser les choses, choisir les bons véhicules, associer les bons tracteurs aux bonnes remorques, prendre en compte la dimension géographique, éviter les trajets à vide… Les équipes doivent viser à la fois la rentabilité et l’efficacité, tout en respectant les temps de conduite et de repos des conducteurs, conformément à la législation sociale en vigueur. La combinaison de tous ces paramètres et de toutes ces contraintes n’est pas évidente, surtout en première année. Mais « au fur et à mesure, les conversations deviennent de plus en plus professionnelles », s’amuse Pierre Guillemard, l’enseignant concepteur du jeu.

La correction s’effectue de manière automatique via un système informatisé qui repère les erreurs et les infractions à la réglementation du travail. Il est ainsi possible, dès le premier jour de simulation, d’évaluer très rapidement les résultats de la première quinzaine d’exploitation, et de remettre éventuellement sur les rails les groupes qui auraient fait fausse route, avant qu’ils ne planifient quatre quinzaines supplémentaires. L’évaluation finale, qui prend en compte un ensemble de critères et pas seulement la rentabilité, donne lieu à une note qui compte dans le cursus.

Ce jeu permet aux étudiants de réviser des notions acquises dans le cadre de différents cours, mais aussi et surtout de les combiner pour trouver des solutions dans une situation quasi-professionnelle. Une mise en condition d’autant plus utile qu’elle a eu lieu à la veille de leur départ en stage.

Échanges franco-belges

Les étudiants en licence professionnelle Logistique, distribution et transports internationaux, bénéficient eux aussi de cette expérience de simulation. Pour eux, les exigences et les règles sont un peu plus complexes : les lots de marchandises n’ont pas tous le même intérêt, et ils doivent rentabiliser les enchaînements géographiques sur des destinations à l’échelle européenne. La dimension internationale dépasse d’ailleurs le cadre de l’énoncé du jeu puisque depuis plusieurs années celui-ci se déroule à Gent, avec des étudiants belges en bachelor Logistiek management avec lesquels les jeunes vésuliens constituent des équipes mixtes. C’est l’occasion d’échanger en anglais et en français et de donner une dimension interculturelle à cette simulation qui fait l'objet d'un petit voyage de découverte. L’année prochaine marquera d’ailleurs les dix ans de cette collaboration avec le collège universitaire (Hogeschool) de Gent et cet « anniversaire » s’inscrira dans le cadre d’un accord Erasmus +.

Depuis quatre ans, Pierre Guillemard exporte son jeu dans plusieurs IUT de France.  Avec l’ensemble des départements Gestion logistique qui participent à son jeu, il organise cette année un trophée national. Les meilleurs équipes et les plus motivées au sein de chaque IUT pourront participer à la finale qui se tiendra en mai à Montluçon. Les gagnants remporteront un trophée réalisé par des étudiants du département Information et communication de l’IUT BV, dans le cadre de leur cours de création visuelle. « Nous leur avons donné pour consigne d’éviter le cliché du camion, car nos étudiants ne sont pas des conducteurs mais bien des gestionnaires », rappelle Lucia Allegretti.

Contact

IUT Besançon-Vesoul

Quatre étudiants travaillant en groupe
Quatre étudiants travaillant en groupe devant des ordinateurs
Des étudiants travaillant devant des écrans où on voit des cartes.
Pierre Guillemard devant un groupe d'étudiants.
Des groupes d'étudiants en train de travailler dans une grande salle.

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