Photo groupe Sénégal en pages
Département Info-Com - IUT Besançon-Vesoul
Auteur 
Alice Amineau

Sénégal en Pages : trois étudiantes de l'IUT Besançon-Vesoul au cœur d'un projet humanitaire et solidaire

Le 13 février prochain, trois étudiantes en deuxième année de DUT Information Communication s'envoleront pour le Sénégal pour une semaine. Après plusieurs mois de travail, ce voyage sera l'aboutissement de leur projet tutoré commun avec cinq étudiants de l'IUT Nancy Charlemagne, au bénéfice de l'association Sénégal en Pages. Rencontre avec Clara, Louise et Emma, trois étudiantes à la motivation sans faille.

En quoi consiste votre projet avec l'association Sénégal en Pages ?

Clara : Sénégal en Pages est une association créée en 2011 par des étudiants de l'IUT Nancy-Charlemagne dans le cadre d'un projet tutoré. Ils sont encadrés par M. Samba Fall, enseignant à l'IUT et résidant au Sénégal. Cette année nous nous sommes greffées à leur projet, c'est une première. Le but principal est d'acheter un mini-bus pour permettre à des enfants sénégalais d'accéder plus facilement aux lieux d'éducation et de participer à la réfection de la toiture de l'école élémentaire Ngaparou. Nous allons également partir avec 138 kg de matériel scolaire et informatique et de vêtements, que nous distribuerons dans des écoles et des asociations locales.

Comment avez-vous eu connaissance du projet ?

Louise : en première année de DUT, nous avons reçu un mail de Mme Spagnul, cheffe du département Information-Communication, pour nous présenter le projet de l'IUT de Nancy et leur volonté de trouver des volontaires dans d'autres IUT. Pour rejoindre l'équipe, il nous a fallu rédiger une lettre de motiviation pour bien expliquer notre intérêt pour le sujet et nos idées. Nous leur avons présenté pas mal de solutions pour lever des fonds pour l'association et montré notre sensibilité au milieu associatif et humanitaire. C'est ensuite Mme Spagnul et M. Parisot, directeur des études DUT du département, qui ont choisi les étudiants les plus motivés et avec les idées les plus abouties.

Pourquoi ce projet a-t-il eu une résonance particulière pour vous ?

Louise : pour ma part, j'avais l'envie de participer à un projet humanitaire depuis très longtemps. Mais quand on l'entreprend seule, surtout en étant étudiante, c'est une démarche compliquée et très chère. Ce projet tutoré était donc une opportunité parfaite, d'autant plus que j'ai un lien particulier avec l'Afrique : mon grand-père a vécu à Madagascar, en Côte d'Ivoire et au Togo, mes parents ont vécu un temps à Madagascar. Je lie donc l'affectif et le professionnel dans ce projet.

Emma : comme Louise j'avais l'envie de participer à un projet humanitaire mais je me suis vite rendue compte que ce serait très compliqué. Ce projet est donc tombé au parfait moment. J'ai aussi eu l'occasion de faire du bénévolat pour les Scouts et Guides de France. J'ai également donné plusieurs fois des objets à des associations humanitaires mais cette fois je peux aller au bout de la démarche en les amenant moi-même sur place.

Clara : j'ai moi aussi évidemment une sensibilité pour le milieu humantiaire. En classe de terminale, j'ai eu l'opportunité de partir en voyage d'études en Inde. Sur place nous avons pu faire un peu d'humanitaire. C'était une première expérience qui m'a donné l'envie de faire plus. L'année dernière je voulais d'ailleurs m'orienter professionnellement vers la communication humanitaire. Si aujourd'hui mes objectifs ont un peu évolué, je veux que l'humanitaire soit une des facettes de mon métier et le projet Sénégal en Pages est donc une première étape formidable.

Comment se passe le travail avec les étudiants de Nancy ?

Louise : nous avons un objectif commun, celui de récolter assez d'argent pour financer l'achat du mini-bus et la réparation du toit de l'école. Mais au-delà de ça, les étudiants de Nancy ont leurs objectifs, propres à leur projet tutoré. Nous nous sommes greffés à eux mais nous sommes très autonomes dans la gestion de notre travail et les actions que nous menons.

Emma : on entreprend tout de A à Z. Car si le projet existait déjà à Nancy depuis plusieurs années, ici à Besançon, il a fallu tout créer. Nancy ne nous a pas imposé de marche à suivre, d'actions à mettre en place. On a testé au fur et à mesure pour voir ce qui marchait ou non afin de lever des fonds. Nous sommes allées les voir à Nancy en octobre 2019 et nous faisons régulièrement des points sur les avancées et l'argent récolté.

Quelles sont les actions que vous avez mises en places depuis le début de l'année ?

Clara : nous avons fait beaucoup d'actions de communication afin de faire connaire l'association et inciter au don (actions de collecte, relations presse, réseaux sociaux...). En tout début d'année, nous avions décidé, un peu sur un coup de tête, de présenter notre projet dans les amphis et de faire passer une urne afin de commencer à récolter des dons auprès des étudiants de l'IUT. Nous avons été très surprises du succès de cette petite opération et du retour extrêmement positif. Les étudiants, les enseignants de l'IUT, mais aussi les particuliers que nous avons pu rencontrer au cours de l'année, ont été très touchés par le projet.

Louise : nous avons mis des urnes à plusieurs endroits de l'IUT pour récolter des fournitures scolaires. Nous avons fait des ventes de crêpes, hot dog... Nous ne fixions jamais de prix, on laissait chacun libre de mettre la somme qu'il pouvait ou souhaitait. C'était notre état d'esprit et nous avons trouvé que ça collait bien avec la dynamique du projet. Nous avons également organisé une tombola et de nombreux partenaires nous ont offert des lots.

Emma : il y a la dimension solidaire au coeur du projet et le fait qu'autant de personnes aient contribué à son succès ne fait qu'augmenter notre satisfaction. Ça justifie notre investissement et nous en sommes très heureuses.

Prochaine étape, le départ au Sénégal le 13 février. Comment va se dérouler ce voyage ?

Clara : c'est M. Samba Fall qui va nous accueillir au Sénégal et qui organisé tout le circuit. Il connait le pays, c'est lui le porteur du projet et de l'association. Il a également tous les contacts sur place, ce qui va faciliter le voyage. Nous allons nous rendre dans l'école de Ngaparou, à l'association Le Nid et au village d'enfants SOS à Dakar. Nous ferons également quelques visites culturelles.

Louise : nous allons essayer de passer du temps avec les élèves car nous leur apportons du matériel informatique. La fracture numérique est une réalité sur place, en plus de la pauvreté, on pense donc qu'il est important non seulement de leur apporter des tablettes, vidéoprojecteurs... mais aussi de leur montrer comment s'en servir.

Quel impact ce projet peut avoir sur la suite de vos études ou sur votre carrière professionnelle ?

Emma : pour ma part, je suis très impatiente d'aller sur place. Je pense que ça va être une expérience intense et enrichissante. Je m'imagine beaucoup ce qui va se passer sur place et je pense que ce sera au-delà de mes espérances. Ce projet ne fait que conforter mon souhait de m'engager d'une façon ou d'une autre dans des actions humanitaires et solidaires, même si cela sort de mon domaine professionnel.

Clara : ce projet et l'expérience que nous allons vivre en nous rendant sur place seront quoi qu'il arrive des éléments importants à valoriser dans notre parcours. Que ce soit sur l'aspect communication pure à travers la variété d'actions que nous avons mises en place et l'impact qu'elles ont eu sur le succès de notre projet, ou notre engagement pour cette cause.

Louise : j'ai déjà eu la chance de me rendre à Madagascar par exemple et d'être au contact de populations dont la réalité est très éloignée de la nôtre. Je sais donc que ce projet et le voyage au Sénégal sont une expérience très enrichissante au point de vue professionnel, mais surtout personnel. Nous sommes toutes les trois conscientes du fait que travailler dans l'humanitaire n'est pas forcément chose aisée, mais quoi qu'il en soit, ce projet aura été la porte d'entrée vers un engagement professionnel et personnel qui nous suivra longtemps.

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