Illumination de l'esplanade de la friche de la Rodia par le Kolektif Alambik
Eric Châtelain - Ville de Besançon
Auteur 
Delphine Gosset

LUX ! : un cocktail réussi d'art et de sciences

Le temps fort des évènements LUX !, qui célèbrent l’Année internationale de la lumière, a donné une toute autre ampleur à la traditionnelle Fête de la science. Le mélange audacieux d’art, de science et de spectacles, dans une friche industrielle, s’est avéré un cocktail particulièrement savoureux auquel ont goûté près de 13 000 visiteurs.

Dès le jeudi matin, les cars scolaires affluaient sur le parking de la Rodia, à Besançon. Pendant deux jours1, la friche industrielle des Prés-de-Vaux n’a cessé de voir défiler des groupes d’enfants et d’adolescents accompagnés de leurs enseignants, venus de toute la région pour participer à cette édition spéciale de la Fête de la science.

Cette année, l’ambiance était particulièrement festive et le décor inhabituel. Installations artistiques et scientifiques se côtoyaient sur le site d’une usine désaffectée. Il y avait de la musique sur l’esplanade, où on pouvait, entre autres activités, pénétrer dans une caravane transformée en camera obscura2 pour comprendre le fonctionnement de l’œil et de l’appareil photo, essayer des lunettes astronomiques pour voir la lumière des étoiles ou même découvrir les lois de la mécanique en lançant des pingouins lumineux avec un trébuchet3. Sous un chapiteau, artistes et chercheurs se donnaient en spectacle. Des doctorants venus présenter leur « manip en 5 minutes » ont fait preuve de suffisamment d’humour pour remporter l’adhésion des collégiens. Avec le jeu « Réponse à tout » qui les obligeait à répondre aux questions des spectateurs, certains chercheurs ont rencontré un tel succès que des classes sont venues leur réclamer des autographes.

Avec LUX !, la lumière a été cuisinée à toutes les sauces : en cadran solaire avec le musée du Temps, en vocabulaire avec les chercheurs en lettres modernes, ou encore en bande dessinée avec le Crous. La majorité des stands d’animation scientifique qui constituaient le village des sciences étaient focalisés sur ce sujet. Aux côtés des physiciens de l’institut FEMTO-ST venus parler de leurs travaux, des spécialistes des sciences de la vie et de la Terre expliquaient les interactions entre la lumière et les plantes, les animaux ou les minéraux. Les sciences humaines et sociales n’étaient pas en reste avec des présentations de l’usage de la lumière dans les technologies utilisées par les archéologues et les géographes4, des psychologues qui montraient comment « la lumière vient à l’esprit » et des sociologues qui évoquaient les effets du manque de lumière en prison. On pouvait aussi retracer l’histoire de l’éclairage des maisons… ou même découvrir les secrets de la régie lumière au théâtre. Plusieurs associations étudiantes ont séduit le public en fabriquant un vélo pour allumer des ampoules et un jeu vidéo dans lequel une lampe de poche faisait office de manette.

Jeux de lumière

Dans les bâtiments de l’ancienne usine, des espaces rebaptisés (« la box », « la grande halle ») ont été aménagés pour accueillir des œuvres inventives qui toutes faisaient appel à la lumière : sculpture mouvante projetée sur une brume d’eau, boule à facettes dont les jeux de lumière créaient un vol d’oiseaux sur les murs… Le caractère vivant de certaines installations artistiques a bien fonctionné auprès des visiteurs : Nervous structure formait un tableau réagissant à leurs mouvements, tandis que le Phosphomaton imprimait leur silhouette sur plaque phosphorescente. Avec In order to control, chacun pouvait voir son ombre dansante transformée en texte sur le mur.

Le week-end, davantage d’artistes sont venus proposer des spectacles : parodie de conférence scientifique fumeuse au comique absurde avec Olaph Nichte, vraies conférences scientifiques avec de fausses interventions et des moments poétiques ou musicaux pendant « les rendez-vous de la cervelle », récit de bourlingueur scientifique avec Tartare et la lumière… L’ambiance était véritablement celle d’un festival avec des stands de restauration originaux et une animation musicale assurée par un studio de radio mobile installé dans un décor kitch et rock’n'roll au milieu de l’esplanade. En soirée, cette esplanade s'est complètement métamorphosée grâce aux projections saisissantes de diapositives géantes sur les murs des bâtiments réalisées par le Kolektif Alambik. Samedi soir a été le point d’orgue de la manifestation avec une ouverture nocturne du village des sciences, une balade de vélos illuminés en centre-ville, un spectacle de feu donné à l’occasion d'un évènement concomitant – le Jour de la nuit5 –, et, pour finir, un concert d’Ez3kiel dont l’attrait devait autant à la musique qu’aux jeux de lumières.

Dimanche après-midi, le village des sciences était toujours en effervescence, les spectacles battaient leur plein et les visiteurs encore nombreux se pressaient vers le site de la Rodia pour profiter des derniers instants de ce temps fort. Les efforts conjoints déployés par le service Sciences, arts et culture de l’UFC, la Grosse entreprise6, l’institut FEMTO-ST, la centaine de personnes mobilisée et les très nombreux partenaires de cet évènement ont été récompensés, puisqu’au total 3 500 scolaires et 9 500 visiteurs auront profité d’une fête de l’art et de la science pléthorique et lumineuse.

Voir le temps fort de LUX! en vidéo.

  1. Le temps fort de LUX! s'est déroulé du 8 au 11 octobre. Les deux premiers jours étaient réservés au public scolaire.
  2. Dans une camera obscura (chambre obscure), un petit trou permet d'obtenir une projection de la lumière sur une surface plane avec une image inversée comme sur le fond de l'œil.
  3. Le trébuchet est un instrument médiéval à contrepoids permettant d'envoyer des projectiles.
  4. Drones permettant la photograpie aérienne, équipés de caméras thermiques, technologie LIDAR qui fait appel au laser, tachéomètre...
  5. Évènement national organisé chaque année et dont l'objectif est de lutter contre la pollution lumineuse.
  6. La Grosse entreprise est une association organisatrice d’évènements culturels.

Contact

La Grosse entreprise
http://www.lagrossentreprise.fr

Luzinerruptus
Dans l'obscurité, des silhouettes en ombre chinoises sur des surfaces de peinture phosphorescente.
Des silhouettes se déplacent entre des lasers dans le noir.
Projections sur les murs par le Kollektif Alambik sur la friche industrielle des Près-de-Vaux
Turbodancing.
Dans le noir, au premier plan une bobine de fibre optique lumineuse, en arrière plan un chercheur qui montre quelque chose aux enfants.
Projection sur brume d'eau. Line describing a cone. Anthony Mc Call.
Des enfants devant l'oeuvre All Over de Samuel Bianchi
Des enfants observent un prisme sur un stand.
Vue nocturne de la friche industrielle avec les projections du Kolektif Alambik et le Turbodancing.
Un homme pédale sur un vélo en éclairant une série de leds.
Trois chercheurs assis sur une scène, debout une femme au micro et un homme qui tend une ampoule éclairée d'un geste théatral devant un public. Ils rient.
Concert d'Ez3kiel
Une femme déguisée parle devant un public.
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