Chatons et feuilles de bouleau
Ludovic Godard - UFC
Auteur 
Nourhane Bouznif

Le Jardin botanique met le nez dans les pollens

À quoi reconnaît-on le bouleau ou le charme ? Quand fleurit l'ambroisie ? L’équipe du Jardin botanique a conçu un parcours et une brochure pour permettre aux personnes allergiques de mieux connaître les végétaux responsables de leurs troubles.

Yeux qui piquent, nez qui coule, éternuements… pas de doute, les pollens allergisants sont de retour. Si ces désagréments concernent bon nombre de personnes, les plantes qui en sont à l’origine sont souvent mal connues. « Par exemple, peu de gens savent qu’ils peuvent être embêtés par les chatons1 du noisetier dès décembre-janvier », note Isabelle Diana-Mathé, responsable scientifique du Jardin botanique de Besançon. C'est la raison pour laquelle elle a élaboré avec ses collègues un circuit de découverte dans le jardin : « Le parcours permet d'identifier les végétaux dont les pollens provoquent des allergies. Chaque espèce est accompagnée d'un panonceau sur lequel on retrouve les caractéristiques de la plante, sa période de floraison ou encore les allergies croisées potentielles. » Au détour du jardin, les visiteurs peuvent croiser tilleul, hêtre, graminées, platane, thuya, oseille… et apprendre à les reconnaître.

Un dépliant est également à disposition sur place et téléchargeable sur le site Internet du Jardin botanique. On y retrouve le plan du parcours et des informations sur les pollens, la façon dont on mesure leur taux dans l’air, leurs effets sur la santé, ainsi qu’un calendrier pollinique. Ce tableau répertorie les végétaux problématiques et indique pour chacun d’eux le risque allergique selon les semaines. Pour l'élaborer, le Jardin botanique a utilisé des données recueillies au cours de ces quatre dernières années. « Cela permet d'obtenir une moyenne et donc un calendrier plus précis », souligne Isabelle Diana-Mathé. Un travail mené en collaboration avec le Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA) : « On fait partie des centres référents ; on indique à RNSA à quels moments les plantes aux pollens allergisants sont en fleurs. L’an dernier, les floraisons étaient très précoces. Cette année, elles sont au contraire assez tardives », observe-t-elle.

En complément de ce calendrier, le Jardin botanique publie chaque semaine sur son site le bulletin allergopollinique d’ATMO Franche-Comté, l’organisme qui mesure la qualité de l’air dans la région. « ATMO possède des capteurs qui simulent la respiration humaine, explique Isabelle Diana-Mathé. Les capteurs aspirent de l'air et les pollens viennent se coller sur une petite bande qui se déroule à un rythme régulier. Les grains sont ensuite identifiés et dénombrés à l’aide de microscopes. » Ce comptage permet de savoir quels pollens sont présents dans l’air et en quelle quantité.

Grâce à ces outils, les personnes allergiques peuvent repérer quels végétaux sont en fleurs quand leurs symptômes se déclenchent et être alertés lors des pics polliniques… mais aussi vérifier à quel moment une visite du jardin serait le moins propice. Mais que les visiteurs se rassurent : « Nous n’avons pas mis d’ambroisie2 en culture », précise Isabelle Diana-Mathé.

  1. Groupement de fleurs qui prend la forme d’un épi.
  2. Le pollen d'ambroisie est connu pour son fort potentiel allergisant. Cette plante invasive venue d’Amérique du Nord est devenue un fléau dans certaines régions, c’est pourquoi elle fait l’objet de campagnes d’arrachage.

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