Des cheveux qui passent entre les doigts d'une main.
Ludovic Godard - UFC
Auteur 
Delphine Gosset

Du mercure dans les cheveux

Mironel Enescu, du laboratoire Chrono-environnement, a participé à la mise au point de nouvelles techniques qui permettent d'identifier précisément, à partir de cheveux, l'origine et la date d'une contamination au mercure.

Le mercure est un métal potentiellement toxique pour l'organisme. L'exposition à ce produit a des effets délétères sur les système nerveux, digestif et immunitaire. La contamination peut se faire par ingestion d'aliments (poisson, riz…) provenant de zones polluées, mais aussi par le biais des amalgames dentaires, de certains vaccins et médicaments, ou encore au contact d'objets électroniques. Les méthodes utilisées jusqu'à présent pour évaluer cette contamination permettaient de doser le mercure dans les urines, le sang ou les cheveux, mais pas d'en identifier la source.

Une équipe internationale de recherche incluant plusieurs laboratoires français rattachés au CNRS1, dont le laboratoire Chrono-environnement, mais aussi le synchrotron européen (ESRF, Grenoble) et l'université de l'Illinois, vient de mettre au point une nouvelle instrumentation et de nouvelles techniques afin d'analyser la forme moléculaire du mercure présent dans les cheveux, même en quantité infime, et d'en déterminer l'origine. Les expériences ont ainsi permis de distinguer la structure intermoléculaire du mercure issu des amalgames dentaires (mercure inorganique) de celui provenant de la consommation de poisson (méthylmercure). L'étude des cheveux présente un autre intérêt : en raison de leur croissance régulière, la contamination est inscrite, à un moment donné, dans la longueur. On peut ainsi la dater de manière précise, à un ou deux jours près.

Cette nouvelle méthode sera utile pour l'évaluation des risques toxicologiques, pour les enquêtes médicolégales et pour l'amélioration du traitement des cas d'empoisonnement. À terme, on peut imaginer l'utiliser pour étudier l'accumulation d'autres métaux potentiellement toxiques dans le corps humain.

  1. Institut des sciences de la Terre (ISTerre) de Grenoble, laboratoire Environnements et paléoenvironnements océaniques et continentaux, Institut européen de chimie et de biologie de Bordeaux.

Source : communiqué de presse du CNRS

Contact

European synchrotron
http://www.esrf.eu/home.html

Alain Manceau
alain.manceau@univ-grenoble-alpes.fr
Institut des sciences de la terre
https://isterre.fr

Mironel Enescu
mironel.enescu@univ-fcomte.fr

Laboratoire Chrono-environnement