Photo Hacking Health
Pierre-Edouard Saillard
Auteur 
Ludovic Faure

48h chrono pour penser la santé de demain

Du vendredi 19 au dimanche 21 octobre, étudiants et professionnels ont réuni leurs savoirs pour la 2ème édition du Hacking Health de Besançon, qui a eu lieu à l’Hôpital Saint-Jacques. Leur objectif, trouver en 48h des solutions innovantes à des problèmes rencontrés dans le secteur de la santé.

24 professionnels de santé, chercheurs, patients, associations et établissements de santé ont « lancé un défi » au 264 marathoniens inscrits pour la deuxième édition du Hacking Health de Besançon. Parmi eux, plusieurs projets sont issus de Biotika, entreprise non lucrative de l’ISIFC1, de chercheurs du CHRU de Besançon et de l’UFR Sciences et techniques de l’université de Franche-Comté. Les équipes, composées en grande majorité d’étudiants de plusieurs écoles et universités de la région, dont environ 80 issus de l’université de Franche-Comté, doivent réunir ainsi des compétences en ingénierie, marketing, biomédecine, mécanique, informatique ou encore design, pour innover et trouver des solutions aux défis lancés. « Nous n’attendons pas des projets totalement aboutis, mais plutôt l’émergence de solutions qui permettent aux projets de perdurer et aux lanceurs de défi de pouvoir aller jusqu’au bout de la résolution de leur problématique » explique Céline Bouafia, chargée de missions au pôle de compétitivité des microtechniques et co-organisatrice du Hacking Health.

Un FABLAB dédié à la conception des prototypes

Vincent Armbruster, directeur de l’ISIFC, présente l’une des particularités du Hacking Health de Besançon, le fablab. « Ici nous mettons à la disposition des participants une imprimante 3D, des postes informatiques de CAO2 pour faire de la conception mécanique, de l’outillage traditionnel pour bricoler et du matériel électronique pour créer les interfaces des dispositifs. » Une dizaine de bénévoles de l’ISIFC, de l’UTBM3 et de l’ENSMM4 se rendent disponibles tout au long du week-end, donnant des conseils pour aider les participants à construire leurs prototypes le plus rapidement et efficacement possible. « Beaucoup de Hacking Health se contentent du numérique, explique Vincent Armbruster. À Besançon, nous voulons nous différencier par nos points forts tels que la conception et la construction de dispositifs médicaux ou encore les microtechniques. » On le voit à travers les nombreux défis faisant appel à ces domaines de compétences.

Zoom sur le travail des équipes : la complémentarité comme fil rouge

Samedi après-midi, les groupes commencent déjà à construire leurs prototypes. Laetitia, Daniel et Florian se rendent au fablab pour y récupérer le leur, un dispositif permettant de faciliter la pratique de l’hémodialyse5 pour les patients atteints d’insuffisance rénale terminale. Cette pince pourrait presser de manière autonome la fistule du patient après sa dialyse pour éviter l’écoulement du sang. Actuellement, c’est le personnel infirmier qui maintient pendant une demi-heure une compresse sur le bras du patient, trop affaibli pour y parvenir seul.
La conception de ce dispositif est le fruit d’un véritable travail d’équipe. Laetitia, avec ses camarades de l’ENSMM, s’occupe de la modélisation du dispositif pour son impression 3D. En parallèle, les membres de l’ISIFC se consacrent aux normes médicales que l’objet doit respecter. « Comme notre dispositif sera en contact avec du sang, il faut être vigilant sur les matériaux biocompatibles à utiliser, sur le type de nettoyage à effectuer, les procédés de fabrication… », énumère Florian, en dernière année à l’ISIFC.
Enthousiaste à l’idée de travailler ensemble sur ce défi lancé par Biotika, ils apprécient grandement leur complémentarité. « C’est clairement un plus de travailler avec des personnes différentes, alors que d’habitudes on travaille toujours qu’entre nous », affirme Laetitia. Daniel, doctorant au laboratoire Femto-ST, acquiesce. « Chacun apporte sa pierre, fait émerger de nouvelles questions auxquelles nous n’aurions pas pensé. Cela nous permet d’avancer beaucoup mieux. »

La complémentarité est également de mise chez l’équipe réunie autour du projet baptisé « Hypnov’ », visant à développer l’hypnose thérapeutique afin d’atténuer le stress des patients et réduire la charge médicamenteuse lors d’opérations. Cette équipe associe huit étudiants de l’université de Franche-Comté et de l’ENSMM, ainsi qu’un développeur professionnel. « Être en équipe nous aide à avoir une vision précise de ce qui est faisable ou non en fonction des compétences de chacun » assure Mehdi, en 1ère année du master P2N6.
Ensemble, ils ont décidé de construire un « kit multisensoriel » (auditif, visuel et kinesthésique7), avec lequel le patient peut interagir grâce à une tablette numérique. La veille de l’opération, le kit créera une ambiance apaisante, défocalisant le patient de l’hôpital et de la douleur. Mehdi, ainsi que Mathilde et Hajar, étudiantes en 1ère année du CMI PICS8, apportent leurs connaissances en optique et physique numérique tout en travaillant sur la réception des informations du dispositif. Tandis que Ludivine, Aziliz, Claire, Clément et Dorian recherchent les solutions techniques et mécaniques pour la construction de l’objet. Enfin, Geoffroy, se charge du développement de l’interface numérique du dispositif. Cette synergie leur a permis de terminer ce prototype complet à temps.

Les innovations récompensées

Plusieurs prix sont venus récompenser les projets les plus convaincants, l’un d’entre eux revenant à « Hypnov’ ». Le prix coup de cœur du Jury a quant à lui été décerné au projet de création d’un dispositif facilitant la scolarité des élèves malvoyants, défi lancé par Biotika. L’équipe de Laetitia, Florian et Daniel, est repartie avec un prix décerné par l’incubateur d’entreprises de la région, présent pour soutenir plusieurs projets sur le long terme. Une mission que « la couveuse » du Hacking Health, mènera aussi en accompagnant les lanceurs de défi sur les trois prochains mois. Car bien que ces 48h soit un accélérateur important pour ces 24 projets, ce n’est que le point de départ d’une aventure qui ne fait que commencer.

 

1 École d’ingénieurs en génie biomédicale de l’université de Franche-Comté.

2 Conception assistée par ordinateur.

3 Université de Technologie Belfort-Montbéliard.

4 École nationale supérieures de mécanique et des microtechniques.

5 Technique d’épuration du sang chez les personnes atteintes de maladie ou d’insuffisance rénale chronique. Le sang est dérivé hors de l'organisme pour éliminer les toxines, pour être ensuite restitué au patient. Elle effectue le travail que sont censés effectuer les reins.

6 Master de Physique, physique numérique de l’UFR Sciences et techniques de l’université de Franche-Comté.

7 Perception des mouvements de son corps.

Contact

Hacking Health Besançon
Liste des projets : https://hacking-health.org/fr/besancon-fr/
Pour plus d'informations : https://bit.ly/2Ji4oqk

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